« Pour moi, une architecture doit rendre les gens heureux »
Quand elle crée son bureau à Genève en 2010, Valentine Bärg est déjà forte de treize ans d’expérience professionnelle. Après avoir hésité entre un cursus scientifique à l’Ecole Polytechnique de Lausanne et les Beaux-Arts à Paris, elle choisit une synthèse entre les deux. Ce sera l’architecture.
Ayant grandi dans des différents pays et déménagé près d’une trentaine de fois dans des maisons parfois atypiques, ces expériences l’ont marquée et ont nourri sa curiosité pour l’architecture.
«Je me suis rendue compte de l’importance et de l’influence des lieux. Certains endroits ont rendu des périodes de ma vie magnifiques.»
Á sa sortie de l’école Penninghen, elle intègre l’équipe d’Edouard François, cabinet parisien qu’elle a choisi pour son dialogue précurseur avec le végétal. Notamment avec des projets tel que la « Tower Flower » à Paris. Elle a ensuite l’opportunité de travailler à son compte sur un projet de restructuration complète d’un plateau face à Saint-Sulpice. Sa réalisation est remarquée et fait la Une du magazine « Elle Déco ». D’autres chantiers suivent rapidement. Elle n’a que vingt ans et le sentiment que cela va trop vite. Tout en restant connectée à une vie urbaine ouverte aux influences internationales, elle a envie d’un environnement plus calme et proche de la nature. En s’installant à Genève, elle a la conviction d’être au bon endroit.
Plus que de grands noms de l’architecture, c’est l’émotion qu’elle a ressentie dans certains lieux qui l’inspire aujourd’hui. Le souvenir des maisons « Black & White » de son enfance à Singapour. Des maisons coloniales incroyables aux influences multiples : malaisienne, anglaise, art déco…
«Il n’y avait pas de fenêtres. Uniquement des volets pour la lumière avec des balcons comme de longs corridors pour que l’air circule. Tout était conçu pour donner du confort.»
L’émerveillement ressenti dans les villas imaginées par Horta ou Gaudi foisonnant d’influences végétales. Ou plus récemment le choc émotionnel vécu au Musée d’art moderne Louisiana près de Copenhague. Un parcours artistique unique et intemporel dans lequel les pavillons initient un dialogue intérieur-extérieur entre les œuvres exposées et la beauté à couper le souffle du paysage face à la mer Baltique. De ces inspirations est née l’envie d’harmoniser l’environnement, l’art et la vie quotidienne. C’est ainsi que Valentine Bärg conçoit son double métier : architecte et architecte d’intérieur.
Initier un dialogue – construire une histoire
Valentine Bärg conçoit chaque projet comme un dialogue approfondi avec ses clients, dans une démarche d’écoute et de confiance. Elle s’inspire de la personnalité, des besoins et des envies de chacun pour créer des cadres dans lesquels les futurs occupants se projettent et se reconnaissent.
S’appuyer sur la rigueur – s’ouvrir à la créativité
La réflexion commence toujours par un dessin, un plan réalisé à la main que Valentine Bärg explique : « Tout a une liaison et doit se répondre. Dès le départ, le plan est très logique ». Cet avant-projet met en place le fil, l’histoire et l’intégration dans le site. Il évalue l’équilibre des volumes et la justesse des proportions, les besoins fonctionnels et les contraintes techniques. De ces exigences nait la cohérence et la trame de l’étude. Place ensuite à la liberté et à la créativité.
Comprendre les besoins – surprendre au-delà des attentes
Certains clients arrivent avec de simples suggestions. D’autres avec une idée fixe, très précise. Pour Valentine Bärg, il s’agit toujours de comprendre quels sont les vrais besoins. De proposer des solutions insoupçonnées qui permettront d’aller plus loin. De la structure aux plus petits détails, elle aime voir ses clients s’enthousiasmer devant des choix créatifs originaux, parfois inattendus.
Tout en se sentant toujours écoutés et en sécurité.